Buchet Chastel

  • Il n'est pas facile de parler des dessins de Mélanie Delattre-Vogt, car ce sont eux qui parlent, et ce qu'ils nous disent nous empêche de parler : il faut voir, voir pour y croire. Tout se passe non pas dans l'espace de la feuille de papier, mais dans l'espace du dessin lui-même, à l'intérieur de son contour. Hors de lui, il n'y a pas de décor, pas de paysage, pas d'arrière-plan. L'action se déroule minutieusement dans l'entrelacé des traits de crayon, parfois avec l'intervention de la couleur - aquarelle ou sang -, et nous découvrons soudain une savante construction d'états d'âme, de mémoire, de parodies, d'accidents, comme un voyage intense, une destination à la fois lointaine et si familière.
    À l'occasion de sa participation au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris et au Palais de Tokyo en juin prochain, les Cahiers dessinés proposent de découvrir cette très jeune artiste, originale et obstinée, qui a su très tôt faire du dessin son langage, avec une méticulosité exceptionnelle, en ouvrant des portes nouvelles à notre imaginaire.

  • ANNA SOMMER aime les comédies et les drames que l'on se joue, et puis les moments furtifs, ces mille petites choses qui se produisent dans la vie privée.
    Elle s'en amuse. Elle s'en effraie parfois. Et elle dissèque tout, hommes, femmes, enfants, animaux. Elle ne se contente pas de les surprendre dans leurs flagrants délits : elle les grave dans le métal, d'une pointe sèche vigoureuse qui jamais n'hésite. Elle a commencé à graver un jour, comme ça, pour voir, pour s'essayer à cet art réputé exigeant ; puis au fil du temps s'est dessiné un étonnant tableau du monde, dans lequel l'humour et l'élégance le disputent à la cruauté - une cruauté légère, presque réjouissante.
    Et si ce tableau paraît fidèle, c'est qu'il s'inspire moins de l'apparence tapageuse des choses que de leur murmure, comme dans un cahier intime.

  • Plus d'une centaine de dessins pour la plupart inédits de Pierre Alechinsky, dessins exécutés librement sur les planches gravées de l'Icones plantarum sponte nascentium in regnis Daniæ et Norvegiæ, cette encyclopédie de la flore danoise, débutée en 1762 à la demande de différents rois du Danemark et qui s'est échelonnée jusqu'en 1883.
    Un siècle après, en 1982, Pierre Alechinsky s'est lancé dans ce "détournement" en glanant chez des brocanteurs ou dans des marchés aux puces, les planches gravées débrochés de l'édition originale.
    Dessiner ou redessiner par-dessus des dessins existants : qui n'a pas éprouvé un jour cette irrésistible envie ?
    Flora Danica constitue l'une des recherches dans ce registre les plus abouties de Pierre Alechinsky, amateur réputé de gravures et de documents rares. C'est peut-être précisément dans ce jardin botanique de la flore danoise que se cache le véritable jardin secret de l'artiste. C'est aussi la série qui lui tient le plus à coeur.

    Le texte de présentation de Dominique Radrizzani, directeur du Musée Jenish et grand connaisseur du dessin et de l'oeuvre d'Alechinsky éclaire les circonstances de cette entreprise singulière.
    Né en 1927 à Bruxelles, Pierre Alechinsky étudie la typographie et l'illustration du livre avant de participer activement au groupe CoBrA (Copenhague, Bruxelles, Amsterdam) en 1949, aux côtés d'Asger Jorn, Christian Dotremont, Karel Appel, Constant, Corneille. À partir des années 60, son oeuvre - peintures, dessins, illustrations, gravures et céramiques - connaît une renommée internationale. Il participe à de nombreuses expositions et biennales, dont celles de Sao Paulo et de Venise.

  • Ne s'agissant ni de dessins de presse, ni d'articles de journaux, cette série écrite et dessinée est publiée fin des années 90 dans Charlie Hebdo et constitue une aventure graphique exceptionnelle sans équivalent dans l'histoire du dessin. Gébé s'y révèle dans toute sa maturité, mêlant la prouesse calligraphique, l'humour, la poésie, le sens critique sur des évènements d'actualité, parfois des voyages (en Israël et en Palestine notamment). La sensibilité de Gébé affleure tout au long de la série que le livre réunira intégralement. Il s'agira d'un album de grand format d'environ 56 pages. Cette oeuvre trouve sa place dans les Cahiers dessinés qui poursuivent la mise en lumière de la relation entre l'écriture et le dessin.

    Gébé, né en 1929, nous a quittés le 5 avril 2004. Il laisse derrière lui une oeuvre dessinée absolument immense ! Dessinateur infatigable, écrivain, scénariste de film dont l'An 01 avec Jacques Doillon, Jean Rouch et Alain Resnais, Parolier (pour Yves Montant et Juliette Gréco), il fut le rédacteur en chef de Hara-Kiri puis de Charlie-Hebdo. En 1986, il devient aussi le rédacteur en chef de Zéro.

  • Les indégivrables infox à gogo Nouv.

    Satiriques, ridicules, craquants, mordants, givrés, incorrigibles : en un mot, Indégivrables !
    Ces drôles de petits pingouins aiment bien poser les questions qui fâchent et mettre les pieds dans le plat. Leur allure humaine, leurs travers, individuels et collectifs, leurs convictions qui naviguent entre absurdité et clairvoyance en font nos doubles inconséquents, dérisoires et burlesques. À travers eux, Xavier Gorce livre une analyse mordante de notre société.
    Cet ouvrage rassemble une sélection de dessins autour des différentes problématiques liées aux fake news et à la liberté d'expression. Des excès des réseaux sociaux à la cancel culture, du règne de la rumeur au droit au blasphème, entre petites lâchetés et scandales insupportables, c'est toute l'absurdité de nos comportements incohérents que l'auteur dénonce avec un humour grinçant, réveillant ainsi nos consciences.

  • Profitez-en l'art est encore en vente libre !


    Contenu du livre 15 septembre 2008. Le jour où l'on annonce la faillite de Lehman Brothers, Damien Hirst met en vente sa production de l'année chez Sotheby's à New York. Le lot n°13 est une pièce intitulée Le Veau d'Or.
    Les enchères s'envolent ! Mardi 29 octobre 1929. Mardi noir à Wall Street. Le 8 novembre suivant, il y avait foule pour l'inauguration du Musée d'art moderne, le Moma, de New York.
    En temps de crise, l'art n'est pas simplement un refuge, c'est un moteur. Les artistes décryptent le monde et nous en annoncent les mutations. Bien plus qu'une simple crise financière, la tempête que nous traversons est un formidable changement de civilisation, à la fois en raison de l'accélération de la connaissance et du fait de la mondialisation, notamment de l'arrivée de la Chine dans le concert mondial. C'est par la culture que nous pourrons découvrir les chemins d'une nouvelle renaissance.
    Dans cette mutation, la France ne manque pas d'artistes. Mais depuis trop d'années, elle ne se préoccupe pas de les promouvoir sur la scène internationale. C'est pourtant une dimension essentielle de notre rayonnement dans le monde. La bataille n'est pas perdue, mais il est temps de se mobiliser.

empty